Voilà déjà une heure qu'on s'est quittés. Je suis sur le cul, je ne comprends plus rien. Et en même temps, je comprends mieux beaucoup de choses. Beaucoup de paroles, d'attitudes, de positions. Mais je ne comprends toujours pas la différence entre convenance et sentiments.
"Je suis avec les filles par convenance, pas par sentiments." Ca fait bizarre, de lire cette phrase sur msn, venant de l'homme avec qui on est en couple depuis trois ans. Sur le coup, ça m'a fait "homo refoulé". Mais je n'ai même pas posé la question. Parce que j'ai aussitôt su que ce n'était pas ça : il m'a déjà dit avoir toujours préféré la compagnie des filles à celle des garçons. Et effectivement, il aurait bien ri, si j'avais posé cette question. Parce que plus tard dans la discussion, je lui ai demandé ce qu'il entendait par "convenance". Et en fait, c'est que la fille soit à sa convenance, qu'il s'entende bien avec elle. Mais je ne vois pas la limite entre convenance et sentiments. Parce que bien s'entendre avec une fille, c'est un sentiment, qu'elle soit gentille aussi. Alors ?
Et puis, je sais qu'il m'aime, je n'ai aucun doute là-dessus. Sinon, il m'aurait plaquée depuis belle lurette. Je ne rentre pas à 100% dans les convenances de Monsieur. Notamment quand je foire mon année...
Cette discussion n'est pas allée au bout, comme toujours avec lui. C'est toujours des "peut-être" sans date. Je crois avoir réussi à le convaincre de faire le test du SIDA. C'est déjà ça de gagné. Il m'a dit "je le ferai, mais je ne sais pas quand". Puis, plus tard, il m'a glissé que peut-être il le ferait avant décembre. Ce qui me ferait vraiment plaisir : je commence à en avoir marre de ces "peut-être" (pour le mariage), de ses "oui j'en ai envie, mais quand je sais pas" (pour un enfant)... J'ai envie que ça avance, nous deux. Parfois, on dirait que ce n'est rien, pour lui, trois ans et demi. Trois ans et demi de monogamie, en plus, en ce qui le concerne. Je suis la première avec qui ça lui arrive. Et je pense que c'est parce que non seulement je lui convient, mais aussi parce qu'il m'aime. Même s'il dit que les sentiments ne sont rien, parce que des sentiments ça change, alors que les convenances ne changent pas, ou du moins changent progressivement (notamment les caractères. Deux caractères qui collent ont beaucoup de chance de toujours coller plusieurs années, voire décennies après).
Cette discussion m'a un peu déboussolée, mais je crois aussi qu'elle m'a fait vraiment du bien. Parce qu'elle m'a permis de le comprendre mieux, de mieux cerner comment faire durer notre histoire. Et aussi comment l'approfondir, comment amplifier ses sentiments. Je ne sais même pas si c'est d'amplification dont il s'agit, mais plutôt qu'il prenne conscience de ses sentiments pour moi. Et de l'importance des sentiments dans une vie.
Et puis, ça me paraît bizarre, cette histoire de sentiments. Ou plutôt de convenance plus forte que les sentiments. Même par rapport à lui. Lorsqu'il m'a demandé de sortir avec lui, il ne m'a pas dit "tu me conviens", mais "j'ai le pressentiment d'avoir des sentiments"... et je ressens son amour si fort...il m'aime vraiment, et profondément. J'en ai la certitude au plus profond de mon être. Mais comment lui faire comprendre que les sentiments, ça compte, et que même quand il parle de convenance, il rejoint les sentiments ??
Pardon à mes lectrices et lecteurs si j'ai été un peu brouillonne et pas forcément claire. Je suis moitié endormie : j'avais trop besoin de mettre tous mes ressentis pas écrit pour pouvoir dormir, mais au fur et à mesure que j'écrivais, le sommeil est venu...mes yeux se ferment malgré moi... bonne nuit tout le monde :-)